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mercredi 29 septembre 2004

Psychologie appliquée en économie

On peut penser les mécanismes économiques comme des engrenages bien huilés. La théorie explique toujours très bien les évènements après qu'ils aient eu lieu. La réflexion est un peu abrupt.

Il existe bien des règles de fonctionnement dans chaque modèle économique. Il faut simplement connaître les effets de bord pour savoir lorsqu'on change d'univers.

Mais au delà des théories, les hommes interagissent fortement avec les modèles prédictifs, à la manière de l'attraction sur un univers.

J'ai lu récemment un article sur les travaux de Daniel Kahneman et de Amos Tversky sur une dimension particulière de la théorie de la décision. Daniel Kahneman a certainement été influencé par la proximité et peut-être la promiscuité temporelle de trois cours qu'il donnait à l'université de Jérusalem: psycho, statistiques et recherche expérimentale.

Il imagine alors que l'évaluation que nous avons d'une situation dépend de la combinaison d'intuitions et de calculs et de l'abandon du doute. Ces travaux menés avec Tversky rencontrent ceux de Richard Thaler, économiste. Ils permettent d'expliquer des phénomènes observés en économie.

C'est là qu'est née la théorie du prospect. Un des aspects majeurs tient pour l'homme dans l'aversion du risque plus marquée en situation de gain que de perte. En fait cette théorie intègre le poids des illusions cognitives et enrichit ainsi la théorie de Bernouilli sur la psychologie des préférences dans les mécanismes de décision.

Quelques illusions cognitives: - tendance à supondérer les évènements à faible probabilité et à sous évaluer les évènements à forte probabilité. - importance de la référence (à gain potentiel égal la décision sera différente en fonction de l'état initial, qu'il s'agisse de richesse ou d'acquisition) Cette théorie trouve des applications dans le domaine des choix à nombre limité, dans le domaine de la négociation (une concession est assimilée à une perte).

La régulation par le marché n'est peut être pas la potion miracle qu'on essaye de nous faire avaler dans le monde occidental. L'analogie peut être étendue: on le constate en médecine, le fonctionnement du corps n'est pas que mécanique!

Economie et émotion par Thaler
Une application: les stratégies stop-loss
Mental accounting par Richard Thaler

dimanche 19 septembre 2004

Qu'est devenue la loi sur l'informatique et libertés ?

Vous vous souvenez certainement de cette loi Informatique et libertés. Elle a créé la CNIL, et elle limitait complètement la possibilité de collecte de données à caractère personnel. Je me souviens de l'époque où l'absence de déclaration du système de suivi de consommation par poste sur un automcommutateur numérique aurait coûté cher au responsable de l'entreprise ou de l'établissement concerné.

J'ai lu et analysé brièvement la loi du 6 août 2004 (tiens pendant les vacances !!!!!!!) modifiant cette loi. La loi d'origine a bien changé. Si l'habillage ressemble à la version d'origine, de très nombreuses possibilités sont maintenant offertes: il est toujours interdit de réaliser des traitements sur des données qui font apparaître les origines ethniques, les appartenances syndicales, opinions politiques, philosophiques ou relatives à la santé ou à la vie sexuelle des personnes. Mais ............... cette interdiction peut être levée dans le cadre d'une autorisation au motif que ces données intéressent la sûreté de l’État, la défense ou la sécurité publique ou qui ont pour objet la prévention, la recherche, la constatation ou la poursuite des infractions pénales ou l’exécution des condamnations pénales ou des mesures de sûreté. mis en oeuvre pour le compte de l’État.

Bien sur des précautions sont définies, vous noterez cependant le "pour le compte de l'Etat" qui implicitement indique que ces traitements peuvent être sous traités.

L'interconnexion entre les fichiers est maintenant possible. Il faut aussi noter que ce n'est plus la loi qui interdit ou autorise mais la CNIL qui émet un avis et le Conseil d'Etat qui décide.

Le dispositif échappe donc au fonctionnement purement démocratique. Le recours au Conseil constitutionnel qu'a entrainé ce projet a révélé les inquiétudes de nombreux (pas assez nombreux) élus.

Il faut noter que cette loi complète la panoplie de lois touchant aux libertés publiques.

Courte analyse de la loi du 6 aout 2004
La loi d'origine
La loi modifiée
Le recours devant le conseil constitutionnel