EJM - Partage de connaissances

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mercredi 16 novembre 2005

trois causes, des pseudos remèdes et des bénéficiaires

Il y a eu les voitures brulées, car c'est bien ce que sera retenu. D'ailleurs l'indicateur de l'intensité des débordements "insurectionnels" est le nombre de voitures calcinées. La presse en disait d'ailleurs que la décrue était asymptotique, la valeur moyenne d'une année est de 100 par jour. Que reste t'il de ces 17 jours d'émergence d'une situation sociale dégradée par des dizaines d'années de décohésion : - une petite fenêtre qui s'est ouverte sur un monde que nous ne connaissaons pas, même si nous l'imaginons dans nos vies bourgeoises. - le retour de discours qui amalgament la nécessaire sécurité et des personnes et des biens avec les relans réactionnaires et xénophobes - une proposition, bien que très républicaine, plutôt accessoire par rapport à la gravité du problème - quelques leaders qui ont vu leur popularité augmenter en surfant sur la vague de misère

J'ai fait aussi mon examen de consience, il me semble que trois causes sont à l'origine de cette dérive sociale. Les derniers 14 jours ne sont qu'une expression de cette déchosion d'une société d'individus en mal de repères et en peur de l'avenir.

- une communication interindividuelle de plus en plus faible : le développement de l'individu a eu comme travers celui de l'indivdualisme. Chacun se développe peu ou prou une sphère de protection qui l'isole des autres on évite les conflits directs, on limite d'une certaine manière la dimension physqieu de la communication et ainsi de nombreuses inforamtions et surtout émotions ne passent plus. Cet isolement se renforcent encore plus lorsqu'une s'agit de groupes sociaux auxquels on appartient pas. Les communautés de territoire des décennies précédentes ne présentaient au moins pas ce défaut. La conscience individuelle se développe mais pas dans la plénitude

- une société qui maltraite son système éducatif. Je pense que si une valeur est attendue d'une société et du gouvernement qui en maintient la cohésion, c'est bien son système éducatif. Et notre système éducatif est en panne. Bien sur les ensignants et très honnêtement titre affirment qu'ils ne peuvent pas compenser les différences sociales, les défections familiales. Ils se regardent peut -être trop le nombril, pour ne pas voir que le monde change, la méthode doit peut-être changer aussi, et pendant qu'on y est eux aussi. Le but est le savoir, mais la méthode doit s'adapter. D'ailleurs certains y réussissent particulièrement bien. Ils ne sont pas des prosélites de la méthode où c'est à l'apprenant à se plier à la technique. Je pense que c'est une profession où on a le droit d'avoir du talent, et où la seule obligation de moyens ne peut vakider une autorité incontestable. Certains sont fait pour enseigner et d'autres non.

- une perte du sens citoyen qui tend à encourager son remplacement par un consommateur averti. Moins d'impôt c'est bien, ça permet de consacrer le fruit de son travail de plus en plus exclusivement pour soi. Mais très concrêtement, que se passera t'il lorsqu'une pandémie touchera l'Europe, lorsque plusieurs saisons de sécheresse toucheront une région agricole prospère, lorsque des évènements climatiques extraordianires raseront une riche région industrialisée, il sera attendu des institutions qu'elles volent au secours des sinistrés et des victimes. On pourra toujours l'attendre de son assureur. Ce dernier point est à l'image du fonctionnement social : hémiplégique.

J'attends tous les jours qu'un groupe politique tienne le discours humaniste éclairé, qu'il invente un nouveau discours social d'une nouvelle sociétés d'individus. Bien sur il ne s'agit pas de faiblesse, il y a des coups de pied au cul à distribuer, ceux qui ont fait bruler des voitures en méritent et d'une cretaine manière, c'est leur montrer qu'ils existent. Mais aucun des partis progressistes n'a réagi, en tout cas assez fort pour être entendu.

La démocratie sociale mérite d'être inventée, elle nécessite un courage affirmée et pas tout à fait clientèliste.

dimanche 13 novembre 2005

The day, the month or some years after

Les scientifiques ont démontré le lien entre évolutions des températures des océans et climat de la terre. On se souvient d'El Nino. Le cinéma nous a présenté une vision d'apocalysme d'une évolution brutale du climat qui serait due à un brusque refroidissement de l'océan altantique. Les mécanismes présentés dans ce film sont réels, l'échelle de temps tient beaucoup plus du catastrophisme.

Le fonctionnement de l'ensemble des océans de la Terre sont liés. Des masses d'eau s'échangent en profondeur et en surface entre le Pacifique, l'Atlantique et l'océan Indien. On appelle ce mouvement circulation thermoline. Les masses d'eau chaude et salée remontent l'Atlantique, arrivées vers le nord elles plongent vers les profondeurs, car elles présentent une densité supérieure aux eaux froides rencontrées (au regard de leur teneur en sel supérieure). Cette plongée oxygène le fonds de l'Océan.

Un apport en eau douce au point de plongée diminue la densité et limite le phénomène de plongée. Une forte augmentation de l'apport en eau douce peut bloquer la circulation en profondeur de cette masse d'eau chaude et conduire au refroidissement de plusieurs degrés en Atlantique Nord.

C'est en 1961, qu'au MIT, Henry Stommel a construit les premiers modèles décrivant ce fonctionnement. Wallace Broecker, qui évoque ce phénomène en le qualifiant de tapis roulant, alerte la communauté scientifique sur son incidence sur le climat. En effet, le réchauffement actuel favorise les fontes de glace, les épisodes intenses de pluie et ainsi les apports massifs d'eau douce en Atlantique Nord.

Un groupe de scientifiques, après avoir construit des modèles beaucoup plus fins ont pu poursuivre l'étude des mouvements et des échanges en profondeur. Leurs travaux ont permis de démontrer qu'on pouvait changer rapidement de climat et plus précisément qu'une augmentation de la teneur en dioxyde de carbone à un taux un peu supérieur de celui mesuré actuellement conduirait à un refroidissement généralisé de l'Atlantique Nord.

Le phénomène s'inverse au fil du temps selon une courbe d'hystérésis, il nécessite à cet effet une diminution importante de l'apport d'eau douce. Ce phénomène dépend de facteur externes comme la fonte des glaces et la tenur en gaz à effets de serre de l'atmosphère.

Les paléoclimatologues ont montré que cette situation a déjà existé par le passé. Sur les 100 000 denières années des cycles de réchauffement se sont quasiment toujours terminés par un refroidissment brutal. Ces travaux ont corroboré les résultats des modèles actuels : un apport massif et rapide d'eau douce peut arrêter la circulation d'eau profonde. Cet arrêt provoquerait alors un refroidissment de 2 à 3°C aux lattitudes moyennes.

En l'état actuel des connaissances, il apparait qu'avec une poursuite de l'augmentation de la teneur en CO2 jusqu'au milieu du 22ème siècle, le réchauffement mondial serait d'environ 3°C accélérant le phénomène précédemment décrit et conduisant à une baisse plus ou moins brutale de 4°C dans l'Atlantique Nord.

Il reste à déterminer le lien indéfectible entre activité humaine et réchauffement climatique : il y a quelques siècles des terres étaient cultivées au Groenland.

Les travaux d'Henry Stommel sur le fonctionnement des océans
L'incidence de l'apport d'eau douce dans le fonctionnement des courants océaniques profonds
Les cycles climatiques et la paléoclimatologie
Changements climatiques à l'échelle mondiale

dimanche 6 novembre 2005

Les mots, les actes

La polémique tourne autour des mots prononcés par le ministre de l'Intérieur. Il me semble totalement excessif de se focaliser sur ces non-évènements. Un homme politique en mal d'élections et peut-être d'autorité garde la responsabilité de ses propos. Ce qui m'inquiète beaucoup plus, c'est le processus qui a abouti à ces résultats. Le discours de la restauration de l'autorité peut parfaois être incohérent avec celui du désengagement de l'Etat dans les politiques de la ville.

Le résultat est là. Abandonner des quartiers entiers, les qualifier de zones de non droit pour en stigmatiser les habitants (résultats le vocabulaire employé par le dit ministre) et en faire un furoncle de fixation révèle d'une piètre capacité à gouverner et à accompagner une société dans sa capacité à évoluer.

Tout semble montrer que les subventions se tarissent pour les associations qui labouraient le terrain des banlieues pour redévelopper un terreau fertile à la reconstruction d'une cohésion sociale et des individus.

J'ai entendu le ministre des collectivités locales trouver l'origine des évènements actuels dans ce qu'il ne voit pas n'être que les conséquences de cette politique. Il a eu beaucoup de mal à reprendre sa superbe lorsque Roland Miahil a évoqué l'annulation des 350 millions d'euros de la politique de la ville. Il ne faudra pas s'étonner des dérives possibles des communautarismes qui sont seuls à offrir de l'expoir comme la prise en main par un islam dur par exemple.

Je regrette de na pas entendre de discours sérieux de l'opposition au gouvernement.