EJM - Partage de connaissances

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mercredi 26 mars 2008

La cuvée 2008 du cours de route

Comme tous les ans depuis 5 ans, je mets en ligne le support de cours que j'enseigne à l'IUT de Bourges, aux étudiants qui ont choisi la spécialité en 2ème année de génie civil.

Ce cours poursuit quelques objectifs simples, ceux de fournir des réponses et des outils pour :

  • comprendre pourquoi on construit des routes

les infrastructures ont toujours eu une place de choix dans le développement des civilisations, remettre en perspective la dimension technique par rapport à l'histoire, c'est s'approprier la démarche du maîtrise d'ouvrage et comprendre les enjeux sociaux et économiques qui gravitent autour de ce domaine

  • comment on en étudie les projets

l'étude d'un projet routier nécessite la mise en oeuvre de compétences multiples ; il s'agit bien évident du tracé routier , mais en amont du domaine des études préliminaires : études d'environnement, géologiques, hydrauliques et aussi études de trafic, d'urbanisme, économiques. Au final pouvoir étudier un projet, en prenant en compte les contraintes du milieu où il sera implanté et en mesurer l'impact.

  • comment on les construit

la mise en œuvre du projet nécessite la connaissance de quelque principes fondamentaux de la géotechnique, des techniques de terrassement, des contrôles à mettre en œuvre

  • mesurer les enjeux et défis que devront intégrer les infrastructures routières demain

une prise en compte accrue de l'environnement, des contraintes en matière de limitation de l'émission des gaz à effet de serre, de développement durable. Ce sont des clés qui permettent à un technicien de se positionner dans un domaine en plein mouvement, où la simple connaissance technique n'est pas suffisante.

Version 2007 du cours de route

vendredi 21 mars 2008

C'est quoi la photo du site ?

La photo qui illustre le site est celle d'un glacier situé au sud de l'Argentine. C'est le glacier Perito Moreno.

Pour moi, c'est tout d'abord un souvenir ramené par ma fille.

Mais lorsqu'elle m'a expliqué que ce glacier était un des rares au monde à ne pas être en régression, il est devenu un symbole. Symbole de la résistance, symbole de l'espoir mais aussi indicateur.

Le Périto Moréno est la troisième réserve d'eau douce du monde. Lorsqu'elle sera touchée par le réchauffement planétaire, les dégâts seront alors certainement importants partout ailleurs.

Mais bel exemple, alors que les argentins sont au premières loges, ils détruisent à grande vitesse les ressources aquifères dans le nord. Le développement à grande échelle de la viticulture a vu se multiplier les forages. Les vignes disposent d'un environnement idéal : un sol de qualité, de la chaleur et ... de l'eau.

On ne peut les blâmer. Mais on touche à ce qui est le propre du développement durable. Comment partager, sur l'ensemble du monde des ressources, au moment où la prise de conscience des occidentaux, les poussent à imposer des mesures à ceux qui commencent à gouter aux fruits de la croissance. Dans le cas présent, le développement de la viticulture est encouragé par des sociétés françaises pour lesquelles les possibilités de développement sont limitées sur leur territoire d'origine. Belle illustration de la mondialisation.

Donc le Périto Moréno est à surveiller.

dimanche 6 janvier 2008

Une nouvelle année

C'est la tradition, à cette époque de l'année on présente ses voeux et ... on fait le bilan de l'année écoulée.

En regardant dans le rétroviseur, plusieurs domaines peuvent laisser un (fort) goût d'amertume. Mais foin de lamentation, chaque individu peut utiliser sa part de pouvoir, il faut le vouloir.

7ème année du troisième millénaire de l'ère chrétienne (et je le dis à dessein) : l'occident s'affirme comme étant le berceau du progrès.

Trois domaines ne l'illustrent pas :

- l'environnement : on fonce à toute vitesse vers la catastrophe, même si on peut discuter de son échéance, et il n'y a pas de véritable rupture dans le fonctionnement de ces sociétés. Certes on s'accorde pour viser à l'horizon de 10 ans, 20 ans ... 40 ans la réduction de l'émission de CO2. Mais il n'y a pas d'engagement formel des plus gros producteurs de carbone dans l'air. Certains commencent à poser la question de l'évolution inéluctable de la planète, sa préservation sera alors un combat complètement dépassé

- le respect de l'homme et les moyens de sa dignité : alors qu'un dictateur africain s'amuse à planter une tente en plein Paris pour cultiver son image et qu'un haut fonctionnaire sous-loue un logement social de luxe, dans le même temps on chasse des sans logis qui osent afficher leur misère. Au delà des images qui d'une part sont utilisées à des fins médiatiques et d'autre part s'oublient très vite, on peut douter de la contribution du progrès à l'amélioration de la vie de l'homme. Le progrès n'est pas social

- la place de la culture et de l'éducation : lorsqu'on parle de culture dans cette société essentiellement marchande on répond grandes surfaces de vente de DVD, de CD, chaînes de télévision, groupes multimédia ... On oublie la nécessité de l'universalité de cette culture, son rôle intégrateur, son pouvoir socialisant. On parle de professionnalisation des filières de l'enseignement, on oublie les valeurs fondamentales de notre société humaine et celles qui sont nécessaires à son développement. On veut y voir directement un caractère utilitaire, mais on néglige toutes les matières fondamentales qui seront à même de fournir les clés pour décoder le monde passé, actuel et doivent de construire un citoyen responsable qui participe à la construction du monde de demain

Sur ces trois thèmes, la réponse de nos élites politiques n'apparaît pas satisfaisante voir inexistante. En France, la droite semble figée derrière son mentor et la gauche est inscrite aux abonnés absents depuis le mois de mai. Voilà, j'ai écrit ma page lamentation.

On peut aussi faire avoir une approche différente. Chaque citoyen doit être conscient de son pouvoir, il se doit d'en jouer pleinement. La servitude ne peut être que volontaire : le résultat d'une paresse intellectuelle et de la crainte de toucher à son confort.

Des actions les plus simples aux plus investies :

- apprendre à 'lire son environnement' ( quelles informations me renvoie-t'-il ? )

- prendre du recul par rapport à l'information dont on nous inonde et rechercher les éléments de connaissance au plus près des sujets

- évaluer sa propre liberté

- construire son opinion

- mettre en action sa liberté

- agir

dimanche 11 novembre 2007

Libres à Bourges

L'association qui promeut les logiciels libres dans le cher depuis 1998, Berryx-logiciels libres en Berry (ex Ulice), organise la deuxième journée du logiciel libre à Bourges le 7 décembre 2007 à la faculté des sciences de Bourges.

Le thème général est : quel sens, quel esprit donnent ceux qui défendent ce modèle atypique, à leur mouvement.

6 conférences sont au programme, avec des intervenants qui sauront se sortir du discours technique pour faciliter l'échange avec le public. Des ateliers et des stands permettront aussi d'échanger, de débattre et d'essayer des distributions, des logiciels et ... constater qu'il n'y a pas que M$ pour utiliser un micro-ordinateur.

Le choix du lieu n'est pas le fruit du hasard : s'installer au coeur de la faculté des sciences à Bourges, montre que le lien avec le savoir est très fort. Plusieurs collectivités locales, des entreprises et des associations se sont associées à cette manifestation.

Alors retenez cette date le 7 décembre 2007 à la faculté des sciences de Bourges. Vous pouvez d'ores et déjà consulter le site Libres à Bourges

vendredi 3 mars 2006

Gestion des connaissances : un enjeu pour les collectivités locales

Les collectivités locales sont concernées par le vieillissement de leurs effectifs, comme d'autres activités économiques. Le renouvellement des personnels conduira à la confrontation de générations différentes. La gestion des connaissances sera au centre de cette problématique : pas seulement pour capitaliser l'expérience des plus anciens, mais pour construire de nouvelles références communes.

La nouvelle étape de la décenralisation conduira à transférer des agents originaires des services de l'Etat vers des Conseils généraux ou régionaux. Ce sera une autre raison de s'appuyer sur cette spécialité : en effet comment construire une culture commune de populations provenant d'horizons professionnels différents ? Il s'agira de construire des communautés de pratiques : partage des diagnostics, constructions de solutions, mise en oeuvre commune.

La démarche est avant tout managériale : c'est plus de la gestion de l'intelligence collective que de la technologie. Cependant, ces démarches, si elles se mmettent en place, tireront bénéfice des outils collaboratifs de gestion de documents ou de data-mining.

Gestion des connaissances : enjeux en collectivités locales

dimanche 8 janvier 2006

2006, des voeux

Le passage à une nouvelle année fait partie du domaine des symboles. C'est l'occasion de faire des bilans, mais aussi de dresser des perspectives.

Les années des idéologies sont pour le moment derrière nous. On peut assez facilement admettre que nous, occidentaux, sommes dans une période de poursuite du processus d'individualisme.

Donc nos préoccupations principales, pour ceux qui ne sont pas exclus, sont celles d'une population bourgeoise ou qui y aspire. Ce mouvement trancende les grandes tendances : consommation, sécurité, déni de l'intérêt commun pour ne pas dire général, gommage progressif de l'éthique.

On pourrait alors s'interroger sur l'évolution d'une société qui ne serait conduite que par une sorte bien blapharde d'édonisme. Le problème est, à mon sens, beaucoup plus grave : - tout d'abord toutes les populations occidentales ne sont pas concernées, une partie très importante des peuples européens vivent déjà sous le seuil de pauvreté, et la tendance s'affirme - le rejet de l'intérêt général est porté par une partie croissante de la classe politique, sous le prétexte de la performance économique - la cohésion sociale s'affaiblit, et c'est un euphémisme que de le dire - les décisions, les orientations politiques gomment l'importance de la nation au profit de l'individu, de l'immédiat avec un souci de rentabilité immédiate

L'occident ne représente pas le monde et loin de là. Ainsi le bilan est d'autant plus dramatique. On peut s'interroger sur l'incidence de la mondialisation sur l'avenir des cultures, la question est interessante, mais ne semble pas vitale. Ce qui l'est plus, ce sont les incidences de la dimension uniquement financière de cette libéralisation. On peut admettre qu'à son terme la mondialisation aura réparti les richesses, par un jeu de rééquilibrage dans le temps, relativement uniformément sur la terre. C'est sans compter avec les impacts irréversibles à chaque stade intermédiaire. - impact sur la paupérisation des nations - impact sur l'environnement - impact sur les fonctionnements sociaux

La fuite en avant concerne bien tous les aspects de nos vies, et bien plus grave, elle conduit à l'aveuglement: - croyance sans limite dans les technonogies pour régler les dérèglements climatiques - culture du "jeunisme" - effacement des valeurs humanistes, absence d'éthique

Ce post est donc résolument pessimiste, non. Je suis de plus en plus persuadé qu'au regard d'évènements qui ont eu lieu en 2005, les options politiques ou économiques des classes dirigeantes ne résistent pas longtemps aux prises de conscience citoyennes.

Trois axes me semblent innégociables, ils guideront mes choix dans mes actes de citoyen : - la lutte contre la pauvreté dans toutes ces dimensions (alimentation, logement, santé). Tout le monde doit pouvoir y accéder. - la "recohésion sociale" : les liens qui tissent tous les groupes composants la société, en luttant contre la stigmation d'un groupe par rapport à un autre, et en reconstruisant un projet équilibré qui défende, en particulier, les structures publiques nécessaires à cette cohésion - la prise en compte du caractère fini de notre environnement. Les projets, les technologies, les applications scientifiques doivent être évaluées à l'aune de cette contrainte, en intégrant toutes les conséquences sociales, environnementales, éthiques de leur introduction. (ce n'est pas un frein, mais un vrai progrès)

Numéro spécial d'Alternatives économiques
Mythes de l'imitation divine
Une autre vision du problème

dimanche 25 décembre 2005

Espoir et excuses

Mon dernier billet était plutôt amer. Le début des débats au parlement laissait présager la suite dans la droite lignée de la manière dont avait été abordée ce dossier.

Et bien surprise, il y a eu un sursaut du fonctionnement démocratique. Les députés ont pris en compte le travail initié il y a bientôt deux ans. Ils ont usé de leur droit d'indignation. Des députés ont su trancender leurs différences pour aller à l'essentiel contre ce projet.

Ainsi, à la surprise d'un ministre qui avait sous estimé l'action des opposants à son projet, ce texte a été discuté pied à pied. On peut encore s'inquiéter de l'isssue des débats, mais la démonstration est faite, l'action citoyenne a payé.

C'est un formidable espoir dans un monde que je pensais déjà complètement sous le joug de la logique du tout économique. Alors milles excuses pour mon précédent post. Les députés n'ont pas été des tristes représentants du peuple.

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lundi 5 décembre 2005

Non à l'hypocrisie

Je ne vais pas décrire le contenu de ce projet. J'ai mis quelques commentaires sur les liens qui suivent cette news. Si vous trouvez anormal de limiter l'accès au savoir en utilisant le prétexte de protection de la création, vous devez utiliser les moyens qui sont à la disposition des citoyens pour alerter vos élus (pétition, courriers ...). Il est plus que temps, le projet de loi doit être présenté à l'assemblée nationale en procédure d'urgence d'içi quelques jours.

Pour voir mis en application ces conseils, je peux témoigner de la patience qu'il faut avoir pour passer le parcours du combattant du message qui transitera de collaborateur en collaborateur. Mais n'hésitez pas, c'est la dernière ligne droite.

Un argument : demandez à votre député s'il trouvera normal lorsqu'il est aussi maire, de limiter les livres en circulation dans sa bibliothèque pour cause de droits d'édition exhorbitants.

Expliquez lui dans ce cas qu'il risque la schizophrénie entre Paris et sa ville de province (j'en connais qui ont été atteints de cette pathologie pour des lois qui conduisaient à la suppression de services publics en milieu rural, bulletin oui à PAris et hurlements au loup quand ils font le tour du marché !!!!) .

Vous pouvez lui expliquer que ce n'est pas une position réservée à des partis de gauche (que je n'ai pas beaucoup entendus), cette opposition peut aussi avoir un caractère très libéral (au sens U.S. du terme, j'ai trouvé des argumentaires chocs sur capitalism.org), au sens où elle défend la fluidité de l'information et de la création.

L'argumentaire des bibliothécaires
Signez la pétition sur eucd.info

Signez la pétition des bibliothécaires
Courte analyse du projet de loi

mercredi 16 novembre 2005

trois causes, des pseudos remèdes et des bénéficiaires

Il y a eu les voitures brulées, car c'est bien ce que sera retenu. D'ailleurs l'indicateur de l'intensité des débordements "insurectionnels" est le nombre de voitures calcinées. La presse en disait d'ailleurs que la décrue était asymptotique, la valeur moyenne d'une année est de 100 par jour. Que reste t'il de ces 17 jours d'émergence d'une situation sociale dégradée par des dizaines d'années de décohésion : - une petite fenêtre qui s'est ouverte sur un monde que nous ne connaissaons pas, même si nous l'imaginons dans nos vies bourgeoises. - le retour de discours qui amalgament la nécessaire sécurité et des personnes et des biens avec les relans réactionnaires et xénophobes - une proposition, bien que très républicaine, plutôt accessoire par rapport à la gravité du problème - quelques leaders qui ont vu leur popularité augmenter en surfant sur la vague de misère

J'ai fait aussi mon examen de consience, il me semble que trois causes sont à l'origine de cette dérive sociale. Les derniers 14 jours ne sont qu'une expression de cette déchosion d'une société d'individus en mal de repères et en peur de l'avenir.

- une communication interindividuelle de plus en plus faible : le développement de l'individu a eu comme travers celui de l'indivdualisme. Chacun se développe peu ou prou une sphère de protection qui l'isole des autres on évite les conflits directs, on limite d'une certaine manière la dimension physqieu de la communication et ainsi de nombreuses inforamtions et surtout émotions ne passent plus. Cet isolement se renforcent encore plus lorsqu'une s'agit de groupes sociaux auxquels on appartient pas. Les communautés de territoire des décennies précédentes ne présentaient au moins pas ce défaut. La conscience individuelle se développe mais pas dans la plénitude

- une société qui maltraite son système éducatif. Je pense que si une valeur est attendue d'une société et du gouvernement qui en maintient la cohésion, c'est bien son système éducatif. Et notre système éducatif est en panne. Bien sur les ensignants et très honnêtement titre affirment qu'ils ne peuvent pas compenser les différences sociales, les défections familiales. Ils se regardent peut -être trop le nombril, pour ne pas voir que le monde change, la méthode doit peut-être changer aussi, et pendant qu'on y est eux aussi. Le but est le savoir, mais la méthode doit s'adapter. D'ailleurs certains y réussissent particulièrement bien. Ils ne sont pas des prosélites de la méthode où c'est à l'apprenant à se plier à la technique. Je pense que c'est une profession où on a le droit d'avoir du talent, et où la seule obligation de moyens ne peut vakider une autorité incontestable. Certains sont fait pour enseigner et d'autres non.

- une perte du sens citoyen qui tend à encourager son remplacement par un consommateur averti. Moins d'impôt c'est bien, ça permet de consacrer le fruit de son travail de plus en plus exclusivement pour soi. Mais très concrêtement, que se passera t'il lorsqu'une pandémie touchera l'Europe, lorsque plusieurs saisons de sécheresse toucheront une région agricole prospère, lorsque des évènements climatiques extraordianires raseront une riche région industrialisée, il sera attendu des institutions qu'elles volent au secours des sinistrés et des victimes. On pourra toujours l'attendre de son assureur. Ce dernier point est à l'image du fonctionnement social : hémiplégique.

J'attends tous les jours qu'un groupe politique tienne le discours humaniste éclairé, qu'il invente un nouveau discours social d'une nouvelle sociétés d'individus. Bien sur il ne s'agit pas de faiblesse, il y a des coups de pied au cul à distribuer, ceux qui ont fait bruler des voitures en méritent et d'une cretaine manière, c'est leur montrer qu'ils existent. Mais aucun des partis progressistes n'a réagi, en tout cas assez fort pour être entendu.

La démocratie sociale mérite d'être inventée, elle nécessite un courage affirmée et pas tout à fait clientèliste.

dimanche 13 novembre 2005

The day, the month or some years after

Les scientifiques ont démontré le lien entre évolutions des températures des océans et climat de la terre. On se souvient d'El Nino. Le cinéma nous a présenté une vision d'apocalysme d'une évolution brutale du climat qui serait due à un brusque refroidissement de l'océan altantique. Les mécanismes présentés dans ce film sont réels, l'échelle de temps tient beaucoup plus du catastrophisme.

Le fonctionnement de l'ensemble des océans de la Terre sont liés. Des masses d'eau s'échangent en profondeur et en surface entre le Pacifique, l'Atlantique et l'océan Indien. On appelle ce mouvement circulation thermoline. Les masses d'eau chaude et salée remontent l'Atlantique, arrivées vers le nord elles plongent vers les profondeurs, car elles présentent une densité supérieure aux eaux froides rencontrées (au regard de leur teneur en sel supérieure). Cette plongée oxygène le fonds de l'Océan.

Un apport en eau douce au point de plongée diminue la densité et limite le phénomène de plongée. Une forte augmentation de l'apport en eau douce peut bloquer la circulation en profondeur de cette masse d'eau chaude et conduire au refroidissement de plusieurs degrés en Atlantique Nord.

C'est en 1961, qu'au MIT, Henry Stommel a construit les premiers modèles décrivant ce fonctionnement. Wallace Broecker, qui évoque ce phénomène en le qualifiant de tapis roulant, alerte la communauté scientifique sur son incidence sur le climat. En effet, le réchauffement actuel favorise les fontes de glace, les épisodes intenses de pluie et ainsi les apports massifs d'eau douce en Atlantique Nord.

Un groupe de scientifiques, après avoir construit des modèles beaucoup plus fins ont pu poursuivre l'étude des mouvements et des échanges en profondeur. Leurs travaux ont permis de démontrer qu'on pouvait changer rapidement de climat et plus précisément qu'une augmentation de la teneur en dioxyde de carbone à un taux un peu supérieur de celui mesuré actuellement conduirait à un refroidissement généralisé de l'Atlantique Nord.

Le phénomène s'inverse au fil du temps selon une courbe d'hystérésis, il nécessite à cet effet une diminution importante de l'apport d'eau douce. Ce phénomène dépend de facteur externes comme la fonte des glaces et la tenur en gaz à effets de serre de l'atmosphère.

Les paléoclimatologues ont montré que cette situation a déjà existé par le passé. Sur les 100 000 denières années des cycles de réchauffement se sont quasiment toujours terminés par un refroidissment brutal. Ces travaux ont corroboré les résultats des modèles actuels : un apport massif et rapide d'eau douce peut arrêter la circulation d'eau profonde. Cet arrêt provoquerait alors un refroidissment de 2 à 3°C aux lattitudes moyennes.

En l'état actuel des connaissances, il apparait qu'avec une poursuite de l'augmentation de la teneur en CO2 jusqu'au milieu du 22ème siècle, le réchauffement mondial serait d'environ 3°C accélérant le phénomène précédemment décrit et conduisant à une baisse plus ou moins brutale de 4°C dans l'Atlantique Nord.

Il reste à déterminer le lien indéfectible entre activité humaine et réchauffement climatique : il y a quelques siècles des terres étaient cultivées au Groenland.

Les travaux d'Henry Stommel sur le fonctionnement des océans
L'incidence de l'apport d'eau douce dans le fonctionnement des courants océaniques profonds
Les cycles climatiques et la paléoclimatologie
Changements climatiques à l'échelle mondiale

samedi 21 mai 2005

Innovation en mécanique des structures : biomimétisme

L'observation et l'étude du fonctionnement naturel a été à l'origine de nombreuses inventions. Dans le domaine du génie-civil, le monde végétal a inspiré, à plusieurs reprises, le domaine de la mécanique des structures; il a offert des méta-modèles qui ont permis, en particulier, d'augmenter la hauteur des grattes-ciel, en "assouplissant" les ossatures, en utilisant des noyaux ...

Un ingénieur suisse, Mauro Perdetti, a poursuivi ce type d'étude, et à ainsi un nouveau concept : tensairity. Il s'agit de poutre légère qui se présente sous la forme d'une enveloppe gonflable. Elle est composée d'une partie supérieure comprimée, de cable "spiralée" qui s'écarte de la partie supérieure au milieu de la poutre, le tout est contenu dans une enveloppe de fibre de verre et de silicone gonflée à basse pression. Les premières réalisations sont la couverture d'un parking et une enveloppe de protection d'un voilier du XIXème siècle.

Le document joint montre une utilisation possible en pont provisoire. Le champ de développement est très important. La résistance aux intempéries et aux agressions physiques est très satisfaisante.

Même l'autoréparation est inspirée du fonctionnement végétal. Aux esprits bougons qui estimeraient que l'homme n'a rien inventé, on peut répondre que les échelles ont changé, la fiabilité aussi et ceci grace au travail concomitant de la recherche sur le micro et le macro: les matériaux au niveau chimique et structurel.

Le végétal générateur de concepts
Principes de base de Tensairity

vendredi 13 mai 2005

Soumission ou délégation du citoyen à l'élu

La presse s'est fait l'écho dans les semaines passées des dix ans à l'Elysée du Président de la république fraçaise.

Pour certains hebdos et quotidiens, français et étrangers se fut l'occasion de la curée. Il n'est pas l'objet de cet article d'en rajouter, au contraire. Jusqu'alors le Président de la république a été démocratiquement élu. En 2002, les français ont joué à se faire peur, ils ont voulu montrer au premier tour, leur mécontentement à un candidat premier ministre dont la chaleur humaine n'était pas la première qualité. Mais ce n'est pas un pote qu'on élit à ce poste.

Nous avons certainement un rapport à la politique beaucoup plus exarcerbé qu'ailleurs, peut-être parce que nous y mettons encore trop de part de rêve.

Il serait nécessaire, pour ne plus avoir à perdre ses illusions, revenir sur quelques principes. L'autorité d'un homme sur un autre groupe d'hommes ne peut lui venir que de deux manières: - la soumission - le consentement

La souission est classiquement batie sur un rapport de puissance, elle s'effondre dès que le rapport évolue en faveur des soumis, et au détriment de l'oppresseur. Par contre l'oppresseur peut évoluer et transformer cette soumission en consentement.

Le consentement doit être librement établi sur la base de l'utilité sociale, garanti par les valeurs de la démocratie et de la société, il doit aussi être limité par des contraintes. Le gouvernant a alors le devoir de présrver le bien commun et la cohésion de la société.

Mais il est vrai que le pouvoir tranforme avec le temps, il éloigne des réalités, surtout s'il conduit à l'idolatrie voir à une certaine forme de culte. Toutes les formes trop personnalisées d'allégation pervertissent la politique, elle en devient comédie humaine, confondant finalité et jouissance des moyens nécessaires au gouvernant.

Là aussi, le citoyen ne doit pas rester contemplatif. Sa soumission doit plus s'apparenter à une délégation nécessaire mais raisonnable de son action au gouvernant.Ainsi puisque le mot est employé, toute délégation nécessite contrôle et c'est bien au citoyen d'être vigilant. Le citoyen doit au travers de tous les moyens qui lui sont offerts aujourd'hui, veiller à ce que le gouvernant ne casse pas l'acte ou le contrat (l'élection) par laquelle il a pris sa place.

L'absence de vigilance, l'idolatrie ne sont ni favorables au gouvernant, ni à la société, elles conduisent à la comédie du pouvoir et le jeu de ceux qui y participent.

Aujourd'hui, outre les avis les plus négatifs qu'on puisse avoir sur l'action d'un gouvernement, les possibilités d'agir des citoyens sont très importantes. J'insiste sur le pluriel. LA vie citoyenne est certainement le premier et le plus puissant des contre pouvoirs.

On a surfé sur "la fracture sociale", réédité avec "la France d'en bas". Il ne faut pas dire aujourd'hui que la ficelle est trop grosse, elle l'était déjà hier.

L'autorité politique de Diderot

mercredi 4 mai 2005

Calculateur embarqué et automobile

Le sujet revient cycliquement dans l'actualité. Il ne se passe plus un mois, sans que les médias ne relatent l'aventure d'un automobiliste qui aurait perdu le contrôle de son véhicule. Les premiers récits laissaient penser qu'il pouvait s'agir d'une justification à un excès de vitesse, l'accumulation de ces incidents ouvre une brèche dans la superbe des concepteurs.

Le danger, comme il est courant de le mesurer dans de tels cas et dès qu'on aborde un domaine très technique, est l'amalgame et la diabolisation.

L'apparition de la communication entre composants est apparue dans l'automobile au tout début des années 1980. Un protocole de communication est inventé en 1983, et les premiers travaux du bus CAN (Controler Area Network) sont publiées. La première voiture disposant d'unités de calcul électroniques communiquant avec un bus CAN à 800 kbits/s est fabriquée. Un consortium français développe un autre bus, le VAN (Vehicule Area Network). Très rapidemment le réseau qui permet aux calculateurs de communiquer.

De plus en plus de véhicules utilisent la technique du multiplexage total. Le réseau, encore souvent constitué de deux fils de cuivre, évolue vers la fibre optique. Les signaux sont véhiculés sous forme de trame.

Le calcul embarqué est utilisé depuis longtemps dans l'aviation, il est la seule possibilité qui permette de gérer un grande nombre d'informations dans un délai très court, et d'enclencher des actions à un rythme très élevé. Qu'il s'agisse du domaine civil ou militaire, les calculateurs embarqués permettent de mettre des aéronefs dans des configurations que l'homme ne pourrait pas mettre en oeuvre. Ces dispositifs sont très fortement réglementés, les logiciels font l'objet de procédures de tests très stricts. A ma connaissance et après recherche, je n'ai rien trouvé de tel dans le domaine de l'automobile.

La "maîtrise" des coûts conduit les constructeurs à optimiser à outrance les équipements nécessaires. Les derniers incidents semblent indiquer le partage d'ECU (Electronic Central Units) pour des fonctions de sécurité. En cause les dispositifs d'ABS dont les fonctions pourraient retourner des valeurs similaires à celle d'une situation de blocage dans des configurations où l'ECU qui traite l'injection conduit a un "emballement" du moteur.

Les perspectives d'évolution laissent apparaîtrent un plus haut niveau d'intégration de l'information, et une place de plus en plus preigante du calcul embarqué. C'est certainement un réflexe très français, mais dans le domaine de la sécurité le rôle de l'Etat devrait conduire à l'instauration d'une réglementation forte. Elle serait une garantie pour l'usager, mais aussi pour les constructeurs.

Le bus CAN
Le multiplexage
Perspectives d'évolution
Injection électronique et multiplexage

mardi 5 avril 2005

Système d'information géographique

Le développement du concept de mondialisation aurait pu laisser penser qu'au delà de ses implications commerciales, il aurait dévaluer l'attechement humain au territoire. Il n'en est rien.

Au contraire, le territoire devient le dénominateur pertinent pour construire des projets. Bien sur, le risque c'est le développement du communautarisme. Ces considérations philosophiques ont fait partie d'une étude que j'ai réalisée sur les SIG. La notion d'information géographique attache indéniablement aux liens très complexes entre objets composants un territoire et ce territoire.

Les applications sont très nombreuses, mais si les SIG facilitent la lecture d'un territoire, ils ne retirent rien à cette complexité. C'est à l'utilisateur à comprendre cette complexité pour pouvoir utiliser les possibilités offertes par l'outil.

L'analyse spatiale renvoie à la nécessaire compréhension de la sémantique que nous livrent les objets. Il faut donc savoir ce que l'on cherche en décidant d'utiliser un SIG.

Etat de l'art des SIG

mercredi 23 mars 2005

Libre accès à la production de la recherche

L'accès à la connaissance est un des gages de progrès et de développement humain. Je pense à chaque fois à l'école, mais aussi tout au long de la vie.

J'ai fait part de mes inquiétudes en ce qui concerne l'évolution du droit d'auteur, spécialement dans le cadre des démarches de l'Office mondiale de la propriété intellectuelle.

Je profite de cet article pour indiquer que le projet de loi dont j'ai parlé il y a quelques mois, déclinaison de la directive européenne sur la protection du droit d'auteur, devrait bientôt être inscrit au programme du Sénat.

En attendanst une nouvelle plus sympa. Quatre organismes de recherche français ont décidé de rendre public un certain nombre de travaux de recherche.

Il s'agit du CNRS, de l'INRIA (organisme très habitué au partage de connaissances), de l'INSERM et de l'INRA.

Le communiqué de presse sur le site du CNRS